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Le métier d’interprète F/LSF vu par des collégiens

Des élèves du collège Nicolas Vauquelin à Toulouse ont voulu mieux connaitre le métier d’interprète en langue des signes et nous faire partager leur découverte.

Capture d'écran 2014-09-11 11.17.15

Pour cela ils se sont rendus à Interpretis, une SCOP créée en 1999. L’équipe de ce (grand) service se compose d’une trentaine d’interprètes et de personnels administratifs. Leur activité principale est bien sur l’interprétation français/langue des signes française, mais ils interviennent également dans la formation des futurs interprètes, et comme experts dans l’accompagnement à la création de nouvelles structures d’interprètes.

Ils y ont tourné un reportage que voici :

© Stéphan – ( i ) LSF

Google Gesture

Capture d'écran 2014-06-22 10.46.23Google Gesture est un service destiné à traduire, en temps réel, de la langue des signes (américaine pour l’instant – ASL) vers l’anglais. Pour cela, ce système analyse l’activité musculaire, la position des mains, les mouvements des avant-bras grâce à « l’électromyographie » puis les traduit en anglais via dans une application installée dans son smartphone.

Démonstration :

30 Google Gesture from Berghs School of Communication on Vimeo.

Impressionnant !
Mais hélas (sauf pour les interprètes en langue des signes), tout ceci est virtuel, pure fiction (pour le moment).
En effet, cette vidéo a été conçue par les élèves de la Berghs School of Communication pour participer aux Future Lions à Cannes, un concours où les participants doivent imaginer en une courte vidéo les produits ou services de demain d’entreprises mondialement connues.

Pourtant, un jour peut-être des conférenciers, des professeurs… s’exprimant en langue des signes seront « interprétés » directement par Google Gesture et chaque participant écoutera la traduction délivrée par une voix de synthèse via des écouteurs branchés sur son téléphone portable.

Langue des signes, dix points. Sign language ten points

On le dit souvent, les pays scandinaves sont à la pointe de l’accessibilité pour permettre à leurs populations handicapées de participer à la vie de la société, d’être des citoyens à part entière.

Dernier exemple en date : la télévision danoise a jugé qu’il était vraiment trop injuste que les sourds danois soit mis à l’écart du Concours Eurovision de la chanson, qu’ils ne puissent pas juger de la qualité artistique de ce spectacle.

Eurovision-2014

Alors, ne reculant devant aucun défi, elle a demandé à des interprètes de traduire en langue des signes certaines des chansons proposées.

Nous commençons par l’autrichienne victorieuse, Conchita Wurst et son désormais kitchissime célébrissime « Rise Like A Phoenix » (le texte est là, sait-on jamais…) :

 

Au cas ou un linguiste ce serait égaré sur ce site et qu’il lirait ce billet, il aura noté le superbe « transfert de personne » de l’interprète qui pousse le mimétisme jusqu’à être Mlle Wurst dans ses gestes, ses expressions (son maquillage ?).

Comme second exemple je vous présente le slow sirupeux langoureux de l’artiste suédoise Sanna Nielsen, « Undo » dont la traduction arracherait des larmes à n’importe quel interprète en langue des signes (le texte si vous souhaitez vous entrainer) :

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Pour des raisons indépendantes de notre volonté, la télévision danoise n’a pas jugé utile de faire traduire en langue des signes la prestation française. Je ne peux que le regretter et souhaitez que cet oubli soit réparé l’année prochaine (j’ai de nombreux collègues volontaires pour y participer).

La tête dans les étoiles

Dans un Planétarium, il est difficile pour une personne sourde qui assiste aux ballets des étoiles, des planètes, des galaxies, de pouvoir en même temps bénéficier du spectacle et de la traduction en langue des signes des commentaires. En effet, soit il veut admirer les astres mais dans ce cas il faut éteindre les lumières et l’interprète en langue des signes disparaît dans la nuit artificielle, soit il veut voir l’interprète pour suivre les explications mais les lumières allumées lui interdiront d’observer la voûte céleste.

C’est en découvrant ce cruel dilemme qu’un groupe de chercheurs de l’Université Brigham Young aux Etats-Unis a eu l’idée initier un projet intitulé « Sign-Glasses » : il s’agit simplement d’insérer un interprète en langue des signes dans les Google Glass (les fameuses lunettes développées par Google).

Dirigée par Michael Jones, professeur adjoint en sciences informatiques, l’équipe de chercheurs s’est associée à l’Institut Jean Massieu, en Utah, qui accueille des élèves sourds, afin de démarrer les tests.
Comme le souligne le Professeur Jones, « c’est une chance extraordinaire d’avoir pu s’associer à un groupe de sourds qui s’expriment parfaitement en ASL (American Sign Language). Cela nous a permis non seulement de franchir rapidement les nombreuses étapes pour la mise au point de cet outil mais aussi de mieux comprendre leurs attentes« .
Ainsi, c’est grâce aux recommandations des étudiants que l’interprète, qui était au départ visible en bas à droite comme habituellement, a été déplacé au centre du champ de vision, les sourds expliquant qu’il préféraient voir « à travers » les apparitions de l’interprète le spectacle du Planétarium.

google-glass

 

Cette innovation technologique qui était pensée au départ pour rendre enfin accessible le Planétarium pourrait bientôt se décliner vers d’autres applications, comme la visite de musées ou d’expositions ces lunettes faisant office de « visio-guide ». Autre piste de recherche plus originale, la mise au point d’un outil permettant d’améliorer l’alphabétisation des sourds.
C’est justement la nouvelle étape de ce projet « Sign-Glasses » menée  avec l’Université de Georgia Tech. Une personne sourde lisant un livre pourrait grâce à ces lunettes faire apparaître un interprète pour traduire ou donner la définition d’un mot qu’il ne connaîtrait pas. Une sorte de dictionnaire langue des signes en pop-up !

Ce sont alors les étudiants de l’Université de Gallaudet, université américaine réservée aux sourds et malentendants qui pourraient s’en emparer, en attendant qu’un jour, peut-être, une entreprise française se décide enfin à adapter ces Google Glass vers la langue des signes française (LSF) et que des interprètes F/LSF surgissent au fond d’un verre… de lunettes.

Une démonstration (en anglais) de cette invention :

Incroyable ! 3 interprètes en langue des signes se bagarrent sur un plateau de télévision !

Lundi 7 Avril, devant les caméras de l’émission « Jimmy Kimmel Live », les téléspectateurs ont pu assister à une grande première : une « battle » de rap en langue des signes.

Image

Les trois interprètes invitées à ce show (notamment Holly Maniatti et Amber Galloway) sont déjà connues pour avoir interprété en ASL (American Sign Langage) les concerts Wu Tang Clan, des Beastie Boys, de Snoop Dogg, d’Eminem, de Lil Wayne…

Pour cette « battle » à 6 mains, elles devaient signer en direct « Black and Yellow » la célèbre chanson du rappeur Wiz Khalifa.

Ce dernier a d’ailleurs avoué (en plaisantant ? ) qu’il était bien content d’avoir parfois des interprètes en langue des signes à ses côtés durant ses concerts car il lui arrivait d’être « trop défoncé pour se rappeler des paroles de ses chansons ».

 

L’AFILS à l’AIIC

Derrière ce titre abscons il faut simplement comprendre que l’Association Française des Interprètes et Traducteurs en Langue des Signes (AFILS), a participé aux 60 ans de l’Association Internationale des Interprètes de Conférence (AIIC) qui se sont déroulés à l’Unesco (oui encore un sigle) en décembre dernier.

A cette occasion, Céline Juillet, vice-présidente de notre Association a pris la parole.
Voici la vidéo de son intervention où elle présente notre métier, son histoire, ses spécificités…

Quand Pierre Desproges « faisait » l’interprète en langue des signes

Nous sommes dans les années 80 et Pierre Desproges s’essayait à l’interprétation en LSF.
On ne peut manquer de remarquer un certain réalisme dans le choix de ses signes et des expressions de son visage…

http://dai.ly/x2tr5h

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Merci à ma collègue Christine Peuch a qui nous devons cette trouvaille.

La prochaine fois, prenez un interprète !

En matière de sensibilisation qui, mieux que les personnes handicapées, peuvent évoquer les difficultés quotidiennes, les obstacles rencontrés dans le monde du travail par cette population.
C’est en partant de ce constat que les représentants de la Commission Handicap du Comité d’établissement d’Orange ont imaginé des sketchs inspirés de faits réels afin d’apporter un autre regard sur le handicap dans l’entreprise en pointant, sur un ton humoristique, les difficultés et les préjugés rencontrés par ces personnes tout au long de leur parcours professionnel. 
Un exemple de cette série où l’absence d’un interprète F/LSF se fait cruellement sentir :
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L’intérêt de ce sketch est aussi de nous rappeler que l’interprète n’est pas uniquement « utile » à la personne sourde, qui ne peut pas suivre la réunion sans sa présence, mais également aux personnes entendantes qui sont incapables de comprendre les remarques ou les questions signées si un professionnel n’est pas là pour les traduire. CQFD.

Devenir interprète F/LSF : histoire d’une reconversion

Depuis quelques mois, Pôle Emploi propose une série web intitulée :
« Bougez ! » .

A travers des portraits vidéos de 2 à 3 minutes, des hommes et des femmes se racontent, expliquent pourquoi ils ont décidé de changer de vie, de se reconvertir professionnellement et de se lancer dans un nouveau métier qui correspondrait mieux à leurs attentes, leurs envies, leur personnalité.

La semaine dernière, ils m’ont interviewé et réalisé un portrait qu’ils ont joliment intitulé :  » Le changement au bout des doigts  »

la vidéo est sous-titrée en français : il suffit d’activer la fonction « sous-titres »
qui apparait en bas à droite quand vous lancez la vidéo

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