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Une citoyenneté accessible par Jérémie Boroy

Comme promis, le second texte après celui d’Arlette Morel.
Bien qu’écrit à 24 années de distance, son leitmotiv est le même : garantir aux personnes handicapées une autonomie de pensée et d’actions au sein de la société car elles sont d’abord des citoyens à part entière.
Il y a un quart de siècle, pour la communauté sourde cela signifiait une formation adéquate des interprètes en langue des signes française. Car Arlette Morel en avait déjà conscience, cette égalité passerait par «l’interprétation en langue des signes qui permet aux sourds d’avoir accès in vivo à l’information. Si on leur en donne les moyens, les sourds peuvent être des citoyens responsables et autonomes. Il faut que les sourds aient accès à la culture, à la formation et à l’information».

Dans la continuité de cette pensée, Jérémie Boroy, Délégué général d’Altidus a publié une tribune dans le journal Libération le 19 novembre 2011 intitulée : « Une Citoyenneté Accessible », preuve que ce combat est essentiel comme nous le rappelions dans ce billet. Le débat s’élargit et il s’agit pour les sourds de s’assurer notamment de la présence systématique des interprètes durant les campagnes électorales à venir, afin que les discours, les échanges soient compris de tous. Et au-delà de la surdité, ce texte est surtout un appel à la participation au débat politique de chacun d’entre nous handicapé ou non grâce à une parfaite accessibilité.

« Le cœur de notre vie politique bat plus fort tous les cinq ans, au moment des élections présidentielles et législatives. À la veille des échéances électorales de 2012, il est crucial de rappeler l’importance de rendre accessibles les campagnes des candidats aux électeurs en situation de handicap.

Le handicap recouvre des réalités très diverses et concerne plusieurs millions de nos concitoyens. Les handicaps sont multiples : moteurs, auditifs, visuels, mentaux ou psychiques ; ils sont momentanés ou définitifs ; ils sont parfois associés. Mais les personnes handicapées sont avant tout des citoyens à part entière. Elles aspirent à exercer pleinement leur citoyenneté, ce droit naturel qui leur est encore trop souvent refusé !

La loi du 11 février 2005 pour l’Égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté ainsi que le principe de l’accès de tous à tout s’imposent à nous tous. Les personnes handicapées n’entendent donc pas être dessaisies de leur rôle d’acteur de notre Cité et n’accepteront pas d’être davantage écartées du débat politique et citoyen qui nous attend en 2012.

Il est de la responsabilité de tous les candidats et de toutes les formations politiques de s’engager à mener campagne dans le cadre le plus accessible possible.

Les réunions publiques doivent être organisées dans des espaces répondant aux normes d’accessibilité permettant l’accueil de tous les publics, quels que soient leurs éventuels handicaps. La circulation sans contrainte doit ainsi être possible pour les personnes ayant un handicap moteur ou visuel, la compréhension des discours et des échanges doit être possible pour les personnes sourdes ou malentendantes (via une interprétation simultanée en Langue des Signes Française, une transcription écrite simultanée et une boucle magnétique).

Les sites internet des candidats et des partis politiques doivent également être accessibles. Les messages audiovisuels, qu’ils soient en ligne, diffusés dans le cadre de la campagne officielle ou projetés lors des meetings, seront sous-titrés, traduits en Langue des Signes et audio-décrits. Les professions de foi, les programmes, les tracts peuvent aussi être disponibles sur des supports accessibles à tous et adaptés à chaque type de handicap : en braille, en format numérique, traduits en Langue des Signes, en appliquant les règles européennes du « Facile à lire et à comprendre ». Les permanences des candidats devront elles-mêmes pouvoir accueillir tous les publics et le handicap des électeurs ne doit pas empêcher l’échange avec le candidat et son équipe.

Et la question du coût ? Parlons-en ! La démocratie a un coût qui ne pose pas de difficulté pour l’organisation des élections. Dès lors que ces exigences sont prises en compte en amont de l’organisation de la campagne, elles entraînent peu d’engagements par rapport au budget global d’un candidat, en particulier à l’élection présidentielle.

Cet engagement doit être partagé par l’ensemble des acteurs de la vie politique française pour que les électeurs en situation de handicap ne soient pas réduits à faire leur choix entre les seuls candidats ayant organisé une campagne accessible.

La parole politique a tendance à se complexifier, elle est parfois confuse, voire incompréhensible pour beaucoup de nos concitoyens. Notre effort d’accessibilité sera utile au plus grand nombre et apprécié par l’ensemble des électeurs.

En ce qui nous concerne, que nous soutenions ou non un candidat, nous veillerons à l’engagement des formations politiques pour que leur campagne soit la plus accessible possible car nous sommes convaincus qu’une démocratie se mesure aussi à l’aune de son accessibilité. »

Une version en langue des signes française est disponible à cette adresse : http://www.aditus.fr/electoral/

Si vous le souhaitez, vous pouvez également soutenir cet appel en vous rendant sur la page Facebook : http://on.fb.me/electionsaccessibles

Journal de l’AFILS n°79

Fin octobre, le journal (trimestriel) de l’Association Française des Interprètes et Traducteurs en Langue des Signes (Afils) n°79 est paru.

Dans ce numéro, parmi les nombreux articles, je vous conseille un dossier sur les « préformations à la formation d’interprète » et un article tiré d’un mémoire de recherche de M2 sur les relations amicales entre interprètes et sourds. Et, cerise sur le gâteau, vous pourrez même participer à un concours destiné à trouver un nouveau nom à ce journal et gagner ainsi un an d’abonnement.

Si vous souhaitez commander un numéro (celui-ci ou un plus ancien) ou vous abonner, il vous suffit d’aller sur le site de l’Afils où vous trouverez un bon de commande : http://bit.ly/journalafils

Art’Pi !

Une fois n’est pas coutume mais je voudrais vous faire part de mon coup de cœur pour ce nouveau magazine accessible uniquement en ligne (car au format PDF) : Art’PI.

Son objectif est de réunir l’Art et le « typique Sourd  » (que l’on traduit en langue des signes par « Pi » – les initiés comprendront).

Vous y trouverez des informations riches et variées sur l’actualité des spectacles vivants, des manifestations, des événements circulant autour de la culture sourde et de la langue des signes.
Ainsi, vous pourrez lire des reportages sur des spectacles mêlant français et LSF, accessibles à tous, sourd ou entendant, grâce au travail spécifique effectué par des interprètes en langue des signes française (LSF).
C’est aussi un support qui permet aux associations, artistes et professionnels sourds ainsi qu’aux professionnels entendants créateur de projets accessibles ou mixtes, de déposer des annonces, de se faire connaître ou de faire connaître leurs œuvres.

Belle mise en page, photographies soignées,remarquables interviews de professionnels sourds ou entendants qui œuvrent dans le secteur culturel, surprenants reportages sur la mode, la télévision, l’art, informations pointues sur les nouvelles technologies, ce magazine est une source d’informations passionnantes sur la culture sourde et ses passerelles vers le monde des entendants.

Bref, vous l’aurez compris, allez vite sur le site de ce nouveau magazine et abonnez-vous, c’est gratuit : Art’Pi Abonnement.
Ou consultez le en ligne grâce à la version feuilletable.

Et voici le sommaire du N°2 pour vous mettre l’eau à la bouche :

Le concert de Fumuj à la Flèche d’Or

Je vous en avais parlé dans un précédent billet et hier soir (mardi 27 Septembre) s’est déroulé le concert de Fumuj à la Flèche d’Or avec différents dispositifs pour le rendre accessible aux sourds et aux malentendants.

J’y étais bien sur, d’abord par intérêt personnel mais également comme interprète en langue des signes françaises (LSF) afin de traduire les interviews que menaient les journalistes présents auprès de sourd(e)s (une trentaine).
Ce fut une vraie réussite (public sympa, beaux échanges…) et il faut saluer (en plus des membres du groupe Fumuj) Erwan Le Nagard et Nicolas Wolff   à l’initiative de ce projet.

BFMTV était également présent et a réalisé un court reportage.

Retranscription du reportage :

(musique rock)

Voix off : Le groupe Fumuj c’est avant tout un groupe puissant, de l’electro rock à 100 décibels. Mais dans le public hier soir des sourds et des malentendants comme Enrique. Pour lui, le concert ressemble à ça :

(silence)

Voix off : Pourtant au milieu de la salle il est ce soir comme les autres. Adossé à cette colonne vibrante et lumineuse et un récepteur somesthésique (NDT transmettant les vibrations) en main, il vit le concert à sa manière.

Enrique : …

Voix off : Sur scène Fumuj transforme sa musique en lumière. Pour ceux qui ne peuvent entendre, écrans et batterie s’illuminent aux rythmes des guitares. Les paroles, elles, sont traduites en temps réel par une interprète en langue des signes.

Laetitia : Pour un entendant, un entendant croit que je danse, mais en fait je chante avec mes mains et tout mon corps.

Romain : Sourd malentendant ou entendant ça joue sur les sens. Donc tout le monde y trouve son compte.

Le chanteur : Et les entendants repartent sourds

(rires)

Voix off : Les sourds et les malentendants eux repartent ravis, ils ont brisé le temps d’un concert la barrière du silence.

Des concerts accessibles aux sourds

Les sourds et malentendants ont aussi le droit d’apprécier les concerts et surtout d’en comprendre les paroles. Or, parmi les différents types d’interprétation vers la langue des signes française ou anglaise ou américaine ou espagnole… que nous sommes amenés à effectuer, l’une des plus délicates est justement l’interprétation de chansons durant des concerts (personnellement je ne m’y suis pas encore risqué).
Récemment, on apprenait même que Lady Gaga prenait des cours de langue des signes avec un professeur particulier. Elle aurait été inspirée par des vidéos sur Youtube dans lesquelles des fans sourds de la chanteuse reprenaient ses morceaux en langue des signes.

Plus sérieusement (quoique…) il  y a un an, les Pays-Bas ont accueilli la première édition de « Deaf Metal », un concert de métal entièrement organisé à l’intention des sourds. La puissance des basses de la batterie était transmise via un plancher vibrant. Ainsi que le remarquait Marie-Florence Devalet, chargée de communication à la Fédération francophone des sourds de Belgique : « La musique est une onde sonore qui fait vibrer la matière qui l’entoure. Tout ce qui est baffle, plancher en bois, caisse de résonance, musique forte aide les sourds à percevoir la musique par les vibrations. Donc le rock passe mieux que la musique classique ». Et on imagine qu’avec le hard rock ou le metal c’est encore plus efficace !
Mais les vibrations ne sont pas les seuls vecteurs de sons. En effet les langues des signes possèdent elle-même un rythme visuel ; il est ainsi tout à fait possible de signer en rythme avec la musique. Marie-Florence Devalet confirme : « le sourd verra le rythme, la mélodie de la musique à partir des signes et des expressions du corps et du visage de celui qui traduit le son ».
Lors du concert organisé en Hollande, ce sont sept interprètes qui se relayaient sur scène pour cet exercice délicat.

Plus tranquille, cette année, chez nos voisins belges, quatre concerts (comme celui de Christophe Maé) ont été traduits en langue des signes durant les Francofolies de Spa. Lorsqu’on sait qu’une chanson représente à elle seule entre 5 et 7 heures de préparation, on réalise l’importance du travail effectué par mes collègues.
Une fois sur scène, après s’être réparti les chansons et les avoir longuement travaillées, parfois en collaboration avec les artistes, les interprètes se succèdent chacun leur tour. La difficulté majeur est qu’il faut commencer et terminer en même temps que le chanteur, sans aucun décalage. Pour traduire, il faut donc privilégier le sens, la beauté des signes ; ce n’est pas du tout littéral et l’expression du corps, du visage est primordial.

En France, les exemples sont également nombreux notamment lors de concerts de rap ou de slam, la rythmique des chansons, les thèmes abordés se prêtant bien à la langue des signes.
Dans la vidéo ci-dessous, Radikal MC interprète « Les Signes » en hommage à ses parents sourds lors des Francofolies à La Rochelle avec Karina Denis qui traduit les paroles en LSF.

Mardi 27 Septembre à la Flèche d’Or à Paris XXème, c’est un concert intégral qui sera destiné aussi bien aux sourds qu’aux malentendants ou aux entendants. A cette occasion, deux groupes se produiront, Furykane et Fumuj.
Ce dernier a conçu un concert electro/rock entièrement accessible : « désireux de fusionner les publics et de briser la barrière du silence, Fumuj propose sur scène une création multi-sensorielle vouée à mêler l’univers des sourds et celui des entendants » explique l’organisateur, Erwan Le Nagard.
Seront mis en place des dispositifs sensoriels tels que des récepteurs somesthésiques distribués au public pour ressentir les vibrations dans leurs mains, deux cheminées en plexiglas de 2,5 m de hauteur placées en salle dans la même optique, une vidéo interactive et une batterie lumineuse créées spécifiquement pour le spectacle ! Enfin, Laetitia Tual, qui maîtrise la langue des signes participera au spectacle en proposant une traduction des textes du groupe Fumuj, ce qui justifie amplement que nous évoquions ce spectacle à venir sur ce blog.

J’y serais, par curiosité.

Toutes les infos en suivant ce lien : http://www.erwanlenagard.com

Mise à jour (28/09/2011) – en suivant ce lien regardez le reportage que BFMTV a consacré à ce concert : http://bit.ly/qjFiLk

Journée Mondiale des Sourds (JMS) 2011

Lancée par la Fédération Mondiale des Sourds (FMS) lors de son premier Congrès le 23 septembre 1951 en Italie, cette manifestation internationale se déroule habituellement le dernier samedi du mois de septembre.

C’est une occasion intéressante pour sensibiliser le grand public au monde de la surdité, pour mettre en lumière les difficultés rencontrées quotidiennement par les personnes sourdes ou malentendantes et pour informer sur les solutions possibles et les adaptations réussies permettant une communication fluide entre sourds et entendants.

Cette visibilité (éphémère) permet également d’exprimer la volonté des sourds de s’intégrer dans la société, de revendiquer une égalité de droits en tant que citoyen à part entière.

En France, cette journée coordonnée par l’Association Mains Diamant et la FNSF (Fédération Nationale des Sourds de France) aura lieu durant une semaine (et oui!!!) du 19 au 24 Septembre 2011 avec en clôture la « Grande Marche » qui se déroulera le samedi 24 dans Paris suivie d’une soirée au Glaz’Art.

Comme chaque année, l’AFILS (Association française des interprètes en langues des signes) est partenaire de la JMS et des interprètes en langue des signes française (LSF) feront une intervention mardi 20 Septembre sur le thème « bénévolat et volontariat, deux concepts à distinguer ».
Par ailleurs des interprètes seront également présents pour traduire les conférences et autres discours durant la semaine ainsi que samedi lors de la manifestation dans Paris.

Le programme (cliquez sur l’image pour l’agrandir) :

Vous trouverez également des informations sur la page Facebook de l’événement en cliquant ici. 

A noter enfin que de nombreuses manifestations se dérouleront dans toute la France en présence d’interprètes LSF. Vous trouvez le programme complet sur le site officiel de la Journée Mondiale des Sourds 2011. 

La LSF à l’honneur pour la Journée européenne des langues

A tous ceux qui s’intéressent à la langue des signes française (son histoire, son rôle au sein de la communauté sourde) ainsi qu’au travail des interprètes en lien avec la LSF, je recommande cette journée d’échanges qui se déroulera Vendredi 7 Octobre dans le cadre de la Journée Européenne des Langues à la Maison de l’Europe de Paris sous le titre :

« La langue, condition de l’accès aux droits :
l’exemple de la langue des signes française (LSF) »

Cette journée étant traduite de la langue des signes française vers le français et vice et versa pour pourrez admirer apprécier le travail de mes collègues et certaines interventions évoqueront plus précisément notre métier, notamment celle de Francis Jeggli qui reviendra sur l’histoire de l’interprétation français/LSF.

PROGRAMME (sous réserve de dernières modifications)

MATIN

9h00 : Accueil des participants

9h15 : Allocutions d’ouverture : Mme Catherine Lalumière, Présidente de la Maison de l’Europe de Paris et Pierluigi Caterino, Chef d’unité à la DG Traduction de la Commission européenne. Présentation du déroulé de la journée par Anne-Sarah Kertudo.

9h30-11h00 : Session 1 – La LSF, une reconnaissance tardive

Table-ronde modérée par Mme Lederer, Professeur émérite à l’Université Paris 3, ancienne directrice de l’ESIT

Histoire de la LSF :

  • Un long parcours vers la reconnaissance : Michel Alessio, chef de la mission langues de France à la DGLFLF (ministère de la Culture)
  • Les conséquences d’une reconnaissance tardive : Fabrice Bertin, professeur d’histoire-géographie, Académie de Poitiers, chargé de cours à l’Université
  • La transmission de la LSF : Marie-Thérèse L’Huillier, formatrice ingénieur au CNRS

Histoire de l’interprétation français-LSF :

  • Présentation du métier : Francis Jeggli, interprète, chargé de cours à l’université Paris 8, Master science du langage, option interprétation
  • Une profession en évolution : l’AEIFLSF
  • Quelle place pour l’interprète ? : Pierre Guitteny, chargé de mission CIS Aquitaine

Pause café – «Café silence»

11h30-13h00 : Session 2 – L’accès à la Justice et au Droit

Table-ronde modérée par (confirmation en cours)

Introduction : Mme Pénélope Komitès, conseillère Handicap à la Région Ile-de-France

  • Retour d’expérience : Anne-Sarah Kertudo, Permanence juridique pour les sourds
  • L’avocat et le client sourd : Me Delouche, avocate au barreau des Hauts-de-Seine
  • Sourds en prison : association Ban Public
  • Le point de vue de la Chancellerie : confirmation en cours
  • L’interprète au tribunal : Émilie Ozouf, interprète
  • Témoignage : Helga Stevens, parlementaire européenne, membre de la Commission Justice du PE (sous réserve)

Synthèse : Mme George Pau-Langevin, députée, adjointe au maire du 20 arrondissement de Paris, auteure d’un rapport sur l’accès au droit

Pause-déjeuner (buffet sur place) et «Café silence » 

APRÈS-MIDI

14h30-17h30 : Session 3 – Citoyenneté : l’égalité dans l’accès aux droits

Table-ronde modérée par Alain Wallon, Antenne à Paris de la DGT

Droit aux soins :

  • L’Administration hospitalière : les pôles surdité en France : Jean Dagron, médecin
  • Témoignage d’un intermédiateur sourd
  • La permanence bilingue de la CPAM : Marie-Christine Baillat, conseillère bilingue
  • Groupe AIDES-Sourds : confirmation en cours

Droit à une éducation bilingue :

  • Le choix d’une scolarité en LSF : Patrice Dalle, président de l’ANPES
  • Témoignage : Anne Ginat, interprète en milieu scolaire
  • Joëlle Ayach, directrice de l’école Roux-Tenon de Massy, pôle LSF (sous réserve)

Droit à l’information et à l’emploi :

  • Didier Flory, journaliste à Echo Magazine, linguiste, interprète et metteur en scène
  • Les centres relais, démonstration par Viable
  • Websourd : Marylène Charrière, journaliste et responsable éditoriale du site WebSourd.org
  • EDF, une grande entreprise qui s’adapte : Jacky Correia, conseiller spécial surdité
  • Projet Ethik Event, une intégration réussie en entreprise : Didier Roche, Directeur général
  • Pascal Touitou, formateur

Synthèse : Mme Marie-Anne Montchamp, Secrétaire d’État au Handicap

Perspectives : M. Benoît Kremer, Président de l’Association internationale des interprètes de conférence (AIIC)

Inscription obligatoire via le formulaire joint ci-dessous à envoyer par mail avant le 30 Septembre : jel2011lsf@gmail.com

 

Formulaire Inscription Journée Européenne des Langues 2011 JEL 2011

Vendredi 7 Octobre 9 h – 18 h
Maison de l’Europe de Paris
35 rue des Francs-Bourgeois 75004 PARIS
Métros : Hôtel-de-Ville, Saint-Paul

L’International Visual Théâtre en danger

International Visual Théâtre (IVT) est un lieu emblématique pour la communauté sourde mais également pour les interprètes en langue des signes française (LSF) qui y interviennent régulièrement, un lieu où se mêlent dans la joie et la découverte sourds et entendants.

Ainsi que l’explique Léna Martinelli sur le site internet Les Trois Coups, « l’I.V.T. est un carrefour culturel, un espace d’échanges et de découvertes où est née une nouvelle approche du spectacle vivant. Première compagnie professionnelle de comédiens sourds, pionnier de l’enseignement de la L.S.F. (langue des signes française), elle œuvre, depuis 1976, à la rencontre entre les cultures sourde et entendante. Depuis plus de trente ans, des hommes et des femmes mettent leurs talents au service d’une mission : transmettre et diffuser la culture de la L.S.F. par des spectacles (ouverts à tous), des ateliers (chaque année près de 900 personnes apprennent la langue des signes à l’I.V.T.), et une maison d’édition ».

Or, aujourd’hui l’existence de ce lieu de cultures est menacée et hier, Emmanuelle Laborit a organisé une réunion d’information dans les locaux du théâtre pour  dénoncer le manque d’intérêt de l’Etat pour cette institution : dès l’inauguration, elle avait rappellé à quel point les subventions étaient modestes, insuffisantes pour assurer la survie d’IVT. Ainsi, souligne-t-elle, « le seul service de l’Etat à soutenir le fonctionnement est la DRAC Ile-de-France à hauteur de 16% du budget global qui s’élève à 1,5 million d’euros« .

En appui à cette revendication, Véronique Dubarry, adjointe (EELV) au maire de Paris chargée du handicap dénonce cette situation dans un billet paru sur le site de Médiapart.

Le voici :

L’International Visual Theatre (IVT), à Paris, est unique: des comédiens sourds s’y expriment en langue des signes. Or son existence de l’IVT est fragilisée par le désengagement de l’État, prévient Véronique Dubarry, membre du conseil d’administration de l’IVT, adjointe (EELV) au maire de Paris, chargée du handicap.

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Emmanuelle Laborit, grande comédienne qui a remporté, en 1993, le Molière de la révélation théâtrale pour son interprétation dans Les Enfants du silence, auteure du Cri de la mouette, livre dans lequel elle relate son combat et sa découverte de la langue des signes, donnera lundi soir, en tant que directrice de l’International Visual Theatre (IVT), une conférence de presse pour tirer la sonnette d’alarme sur la situation de son établissement. Rien que de très banal: les établissements culturels se déclarent les uns après les autres au bord de l’agonie financière et donc tout proches de mettre la clé sous la porte.

Parce que l’IVT, unique en son genre, a un projet qui conjugue projets visuels et corporels et langue des signes française (LSF), la Ville de Paris accompagne ce théâtre depuis sa création. Il est donc possible que les collectivités, suppléant l’Etat, mettent la main à la poche pour venir en aide à ces établissements. Mais la plupart d’entre elles, elles-mêmes au bord de la faillite, ne peuvent qu’assister, désespérées, à la disparition de la culture de proximité pour tous et toutes.

La loi de 2005, jusqu’à ce qu’elle soit récemment sérieusement «rabotée» cet été, a décrété la mise en accessibilité des établissements recevant du public. Mais en ce qui concerne les lieux culturels, l’accessibilité doit aussi permettre aux personnes handicapées d’être les artistes que l’on vient voir. L’IVT fait cela et bien plus. Il permet à des actrices et à des acteurs sourds de se réaliser dans leur passion du théâtre sans pour autant s’enfermer dans une logique qui aboutirait à un théâtre pour les sourds par les sourds. Les spectacles qui y sont proposés, ouverts, mélangent allègrement les acteurs sourds et parlants, proposant des allers-retours entre les deux cultures. Parce que la LSF est une culture. L’IVT lui rend ses lettres de noblesse, langue à part entière, longtemps interdite, encore méprisée.

Des expériences de ce type, mêlant culture et handicap (même si, parfois, le terme même de «handicap» est récusé), il y en a quelques unes, rares. Pourtant, donner à voir le talent des personnes handicapées fait partie de ce que l’on appelle communément le «changement de regard». Si nous voulons que cette diversité puisse continuer à exister, à s’exprimer dans sa différence, nous avons la responsabilité de soutenir ceux qui la font vivre. Le seul effort des collectivités territoriales ne suffira pas à rendre la culture accessible à touTEs. L’engagement de l’Etat doit être une priorité.

Si demain, faute de ce soutien financier, ce type d’expérience innovante, ce genre de lieu devait au mieux survivre, au pire disparaître, c’est autant d’efforts des élus locaux mais surtout des membres d’associations, bénévoles ou salariés, qui resteront vains. Ce sera la mort de la culture pour touTEs qui permet à chacunEs d’enrichir de sa différence une société sans barrière, sans préjugé.

Véronique Dubarry
http://www.mediapart.fr/

Et pour connaître le programme de la saison 2011/2012, cliquez sur l’image ci-dessous:

Rendre l’information télévisée accessible aux sourds (4)

Quatrième et dernière partie :

L’interprétation des journaux télévisés
en langue des signes française (LSF) aujourd’hui

France 2

Depuis le 4 septembre 2006, dans le cadre de l’émission Télématin, deux journaux d’informations d’une durée d’environ cinq minutes, sont interprétés dans l’émission à 6h30 et à 8h55, du lundi au vendredi.

Le premier journal est en moyenne regardé par 1 130 000 téléspectateurs et le second par 2 250 000.

Deux ans plus tard, le 6 septembre 2008, il est décidé que les journaux du samedi à 7h00 et à 8h40 seraient également interprétés.

Télématin est une émission de télévision française d’informations et de conseils pratiques, diffusée depuis le jeudi 10 janvier 1985 sur France 2 de 6h30 à 9h00.

L’émission fait se succéder des flashes d’information et des rubriques culturelles et de vie quotidienne. William Leymergie, l’animateur est également le producteur délégué de l’émission. Il fait office de rédacteur en chef pour la partie magazine de l’émission ; mais pas pour les journaux qui dépendent directement de la rédaction de France 2 et possèdent leur propre rédacteur en chef.

Télématin est également un des programmes importants pour TV5 Monde, qui le rediffuse sur l’ensemble de son réseau dans la journée dans près de 200 pays.

Pour assurer ce service, cinq interprètes de Serac se relaient : Sophie Charmet, Frédéric Chevalier, Michelle Kerdal, Nelly Plateau et Sandrine Schwartz (que vous pouvez voir en action ci-dessous).

Les chaînes d’informations en continu

Quelques années après CNN, de nouvelles chaînes françaises apparaissent sur le câble, le satellite et enfin la TNT. Le principe est le même : ce sont des chaînes thématiques réservées à l’actualité et qui fonctionnent comme un journal permanent proposant à leur auditoire des informations, certes mais aussi des reportages, des magazines, des débats…

Créée le 24 juin 1994, la Chaîne Info, plus connue sous le sigle LCI, est une filiale du groupe TF1. Chaîne à péage, elle est accessible notamment sur la TNT payante, le câble, le satellite et les réseaux de télécommunication à haut débit.

Première chaîne d’informations en continu lancée en France, LCI a été conçue pour s’adresser prioritairement aux téléspectateurs de la catégorie « CSP+ » (cadres supérieurs et dirigeants d’entreprises). Cependant, avec le lancement de ses concurrentes, la chaîne a fait évoluer son contenu éditorial vers un public plus large sans toutefois abandonner son cœur de cible. Les débats y sont nombreux, l’actualité économique est très présente en journée et rares sont les reportages sur le terrain, notamment en régions. La grille des programmes de LCI est construite autour des journaux, avec cinquante-cinq éditions par jour, autour desquels sont diffusés des débats et magazines.

iTélé (anciennement iTélévision), filiale du groupe Canal+, est librement accessible principalement sur la TNT, le câble, le satellite, l’ADSL TV, la télévision mobile personnelle et en lecture en continu sur Internet.

Créée le 4 novembre 1999 comme une chaîne à péage, iTélé devient une chaîne gratuite à son arrivée sur la télévision numérique terrestre française en octobre 2005.

En septembre 2008, face à la concurrence des autres chaînes, la nouvelle direction d’iTélé adopte un «nouveau modèle éditorial» visant à reconquérir ses parts d’audience. Ainsi, iTélé se veut désormais plus réactive, plus événementielle, avec une antenne «en direct intégral entre 6h00 et 0h15».

BFM TV, filiale du groupe NextRadioTV, est présidée par Alain Weill depuis sa création le 28 novembre 2005.

Elle est librement accessible principalement sur la TNT, le câble, le satellite, l’ADSL TV, la télévision mobile personnelle et en lecture en continu sur Internet.

Se basant sur les audiences fournies par l’institut Médiamétrie, elle se présente depuis juin 2008 comme «la 1re chaîne d’information de France, tous supports de réception confondus».

Le credo de BFM TV est l’actualité généraliste en continu, sous tous ses angles et à toutes les heures. Quelques émissions thématiques (politique, économie, débat…) sont proposées en plus de sa principale composante d’information: journaux et éditions «tout-en-images».

Ces trois chaînes pour précisément se conformer aux différentes dispositions législatives, auraient dû rendre 40 % de leur antenne accessible aux malentendants au plus tard en Février 2010. Mais, d’après leur calcul, cela aurait représenté «14 % de leur budget. Avec la crise, elles parlaient de mettre la clé sous la porte… Il a donc fallu trouver une solution qui convienne à tous, un vrai casse-tête !» explique Christine Kelly, en charge du dossier au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel.

«Mais elles se sont engagées à le faire et elles ont joué le jeu, certes, après un combat acharné, un travail difficile, nous avons négocié chaîne par chaîne et finalement nous y sommes arrivés».

C’est ainsi que ces chaînes, pourtant concurrentes, sont parvenues à trouver un accord et à se partager la journée en trois tiers égaux.

Selon la Convention signée avec le CSA, BFM TV s’engage à mettre à l’antenne «du lundi au vendredi entre 8 heures et 13 heures, trois journaux comportant un sous-titrage adapté aux personnes sourdes ou malentendantes ainsi qu’un journal traduit en langue des signes à 13 heures».

C’est à la Société Red Bee Media que BFM TV a confié l’ensemble de la gestion de son accessibilité aux sourds et malentendants. Cela signifie que non seulement cet opérateur lui fournit les sous-titres pour ces émissions mais aussi qu’il est responsable des interprètes. Toutefois, les discussions sont encore en cours pour la rédaction des contrats de travail. En effet, Red Bee Media ne souhaite pas s’adresser à un service d’interprètes mais préfère les missionner soit en tant que vacataires, soit comme auto-entrepreneurs.

Parmi les interprètes qui interviennent régulièrement, on notera : Nelly Plateau-Olivier, Laetitia Benasouli, Isabelle Lombard, Sandrine Mustière, Fabrice Penot…

Le journal de 13h00, d’une durée de 12 minutes, interprété en LSF, est regardé en moyenne par 90 000 téléspectateurs.

Selon la Convention signée avec le CSA, ITélé doit à mettre à l’antenne «du lundi au vendredi entre 21 heures et minuit, trois journaux comportant un sous-titrage adapté aux personnes sourdes ou malentendantes ainsi qu’un journal traduit en langue des signes à 17 heures».

Afin de respecter ses obligations, cette chaîne a décidé de signer un partenariat avec Serac qui lui fourni les interprètes en langue des signes, et comme sur France 2, chacun traduit en moyenne un journal par semaine.

Le journal de 17h (environ 10 minutes) interprété en LSF est regardé en moyenne par 90 000 téléspectateurs.

Enfin, pour LCI, les créneaux sont « du lundi au vendredi entre 14 heures et 20 heures, trois journaux comportant un sous-titrage adapté aux personnes sourdes ou malentendantes ainsi qu’un journal traduit en langue des signes à 20 heures».

Pour cela, cette chaîne a fait appel aux services de Sibils. Ainsi que nous l’expliquait une interprète de cette Agence d’interprètes, «LCI était très inquiet pour la mise en place de ces interprétations en direct, pour eux c’était la première fois. Aussi le fait que Sibils s’occupe également de l’interprétation des questions au gouvernement à l’Assemblée Nationale, cela les a rassurés». C’est donc ce service qui gère intégralement l’organisation, les plannings. La seule demande de LCI était d’avoir deux interprètes référents (Béatrice Blondeau et Frédéric Marchesand). «On leur a proposé un homme et une femme ils étaient d’accord et sur le contrat d’engagement, ce sont nos noms qui sont inscrits. Nous sommes identifiés, ils ne veulent pas que cela change sans arrêt qu’on tourne sans cesse. Ils veulent une vraie fidélisation. Bien sûr il y a des suppléants en cas de maladie ou de vacances».

Le journal à 20h00, d’une douzaine de minutes, interprété en LSF, est regardé en moyenne par 20 000 téléspectateurs.

Rendre l’information télévisée accessible aux sourds (3)

Premières apparitions d’interprètes en LSF à la télévision

Troisième et avant-dernière partie de notre série sur l’accès à l’information télévisée pour la communauté sourde où nous présenterons un rapide historique de la présence de la langue des signes française à la télévision avec l’apparition à l’écran des premiers interprètes en LSF.

Les deux premières parties sont ici et .

C’est en 1970 qu’une première émission de télévision est interprétée en LSF à la télévision française appelée à cette époque ORTF. Il s’agissait d’une émission religieuse présentée par le Père Claude Robert.

Puis, la visibilité de la langue des signes s’accroît : en Janvier 1979 une nouvelle émission en langue des signes est diffusée, « Mes mains ont la parole ». Destinée au jeune public sourd et malentendant elle est présentée par Marie-Thérèse L’Huillier puis, à partir de 1986 par Philippe Galant, un comédien également sourd. Elle sera diffusée jusqu’en juin 1988 sur Antenne 2 dans le cadre de l’émission de jeunesse Récré A2.

Souriante, la jeune conteuse raconte en langue des signes, accompagnée d’une voix off féminine, des histoires de contes et de légendes pour les enfants…

Son intervention débutait ainsi : « Regardez, regardez mes mains. Elles vont vous raconter une histoire. L’histoire…»

En 1992, sur France 3, une émission de «La Marche du Siècle» a pour thème «Le Peuple des Sourds». Cette émission, de débats et de reportages animée par Jean-Marie Cavada, avait pour objectif de présenter la communauté sourde en France. Comme le rappelait Daniel Abbou lors du Congrès de l’Unisda en 2007, «il y avait quatre interprètes sur le plateau, il y avait des traductions durant les reportages et il y avait un interprète juste à coté de Jean-Marie Cavada. C’était vraiment une situation exceptionnelle qui ne s’est jamais reproduite. Puis il y avait un quatrième interprète en médaillon pour interpréter tous les débats. Donc il y avait toute une organisation. C’était en 1992 et ce qui a permis effectivement à L’Oeil et la Main dans la foulée de se créer».

Seule émission en langue des signes du paysage audiovisuel français, «L’Œil et la Main», apparaît en 1995 sur France 5. Elle s’adresse aussi bien aux sourds qu’aux entendants. Présentée par Daniel Abbou et Isabelle Voizeux, chaque émission est consacrée à un thème illustré par un film documentaire ou un reportage. Les sujets évoqués sont variés : le militantisme politique, la situation de la communauté sourde en de nombreux pays, l’histoire des langues des signes, les sourds et la santé, la justice, le monde du travail… Le but est de mettre en images le point de vue de sourds et, ce faisant, de porter un regard différent sur ce monde. L’émission propose une traduction permanente entre le français et la langue des signes, et sa réalisation est supervisée par un comité éditorial composé de personnes sourdes d’âges et d’horizons différents qui travaillent en collaboration avec des réalisateurs entendants.

A cette même époque (1995), France 3 Midi-Pyrénées diffuse pendant plusieurs mois une émission mensuelle : « Pôle-Signes ». Produite et réalisée par Vidéo-Signes, société de production créée par Jacques Sangla (producteur et réalisateur sourd qui est à l’origine de Websourd) cette émission s’arrête après quelques numéros.

En 1998 le rapport Gillot est présenté à l’Assemblée Nationale. Afin que les sourds puissent suivre les débats une incrustation en médaillon à l’écran offre la traduction en langue des signes par un interprète. Depuis, ce même système est repris les mardi et mercredi lors des séances des questions au gouvernement.

En décembre 1975, sur Antenne 2, une première émission d’informations est proposée aux téléspectateurs sourds avec la collaboration de deux locuteurs entendants pratiquant la langue des signes et faisant office d’interprètes : Joëlle Lelu-Lapnièce et Claude Marcotte (enfants de parents sourds). Bi-hebdomadaire et intitulée «Le Journal des Sourds et des Malentendants» elle propose en 15 minutes un résumé des informations de la semaine.

Puis, en 1977, naît le premier journal télévisé hebdomadaire (diffusé chaque samedi vers 18h20) pour les sourds traduit en LSF sur Antenne 2 : «Le journal des sourds et malentendants» créé à l’initiative de l’Unisda. «C’est grâce à l’appui du premier ministre et du délégué général à l’information que l’Unisda a pu établir des contacts avec la direction d’Antenne 2 et elle fut reçue par son président, M. Julian. Une première série d’émissions expérimentales fut diffusée sur cette chaîne pendant les vacances de Noël 1975. L’expérience ayant été concluante, Antenne 2 a programmé de façon permanente une émission hebdomadaire composée d’un résumé des nouvelles de la semaine traduite en langage gestuel, accompagnée d’images sous-titrées».

Au tout début, c’était Claude Marcotte, lui-même journaliste, et neuf interprètes, qui traduisaient. Ses parents étant sourds, il était particulièrement impliqué dans ce projet. Il fut ensuite rejoint par Frédéric Astoux, journaliste, qui deviendra le responsable de ce journal. Le relais fut alors passé à des interprètes professionnels comme : Élisabeth Kraut, Francis Jeggli, Cécile Guyomarc’h ou Corinne Gache.

À cette époque les interprètes travaillaient de façon individuelle. Cependant, France 2 souhaitait travailler avec un service d’interprètes pour plus de fiabilité, plus de régularité, par exemple pour pouvoir facilement remplacer un interprète qui serait indisponible.

C’est pourquoi, le 6 septembre 1991, suite à une sollicitation de cette chaîne, Serac, un service d’interprètes, signe une première convention pour un flash d’informations quotidien de trois ou quatre minutes diffusés du lundi au vendredi vers 11h00 et interprété en LSF.

Un avenant est très rapidement ajouté au contrat (le 12 septembre 1991) pour compléter ce flash quotidien par un flash d’informations thématiques sur la surdité. Il s’agissait de délivrer des informations plus ciblées vers le public sourd : annonces d’événements, de conférences… Celui-ci était enregistré le vendredi et diffusé le samedi matin. Cependant, il fut rapidement supprimé de l’antenne.

A suivre…