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Interprète en langue des signes : une espèce en voie de disparition ?

En lisant l’actualité des rubriques « nouvelles technologies » on pourrait penser que les chercheurs du monde entier n’aiment pas les interprètes en langue des signes et qu’ils ont décidé de se liguer afin de les faire disparaitre à tout jamais.

En effet, je vous avais parlé, il y a quelques mois, de ce projet développé au Japon qui voulait convertir des chaînes de mots japonais en signes via un avatar virtuel.

Plus récemment, trois chercheurs (Oleg Imanilov, Zvika Markfeld et Tomer Daniel) ont présenté un gant qui offre la possibilité de rédiger des SMS et des e-mails sur un smartphone sans avoir à taper sur un clavier mais en utilisant la langue des signes. Chaque mouvement est traduit en texte, le gant étant pourvu de capteurs gyroscopiques, d’accéléromètre etc.

Enfin, hier, on apprenait que des scientifiques développaient un programme informatique permettant de traduire les langues des signes en texte écrit. Cela « révolutionnerait la vie des personnes sourdes et malentendantes » croient-ils utile de préciser.
Le logiciel serait utilisable via des appareils portables (ordinateur ou téléphone) et fournirait une traduction simultanée vers la langue écrite.

Ernesto Compatangelo, maître de conférences en informatique à l’université d’Aberdeen en Ecosse nous présente ce « traducteur de langue des signes portable (pSLT) » : « l’utilisateur signe devant une caméra standard intégrée dans un ordinateur portable, netbook, smartphone, tablettes… Les signes sont immédiatement traduits en texte et ainsi la personne avec qui il veut communiquer peut lire le texte traduit et comprendre son discours ».
Le chercheur ne précise pas comment celui-ci lui répond mais j’imagine que c’est à cet instant que l’interprète-avatar japonais entre en scène.

Cette nouvelle technologie serait compatible avec une large gamme de langues des signes et est d’abord destinée aux jeunes sourds (âgés de plus de 16 ans) dans les domaines de l’éducation ou de la formation.

« L’objectif essentiel est de permettre aux utilisateurs qui s’expriment en langue des signes à surmonter ce handicap de communication qu’ils éprouvent afin qu’ils puissent réussir leur parcours éducatif puis leur arrivée sur le marché du travail. L’un des aspects fondamental de ce nouveau logiciel est qu’il permet de personnaliser les signes/vocabulaire à traduire. Par exemple pour un étudiant qui suit une formation en menuiserie, il n’existe pas de signe en BSL (British Sign Language) qui signifie  » une queue d’aronde »
[précision : je ne connais pas non plus le signe en LSF !].
Un étudiant en utilisant le pSLT pourra créer ses propres  signes pour signifier « queue d’aronde » et ainsi communiquer aisément avec son tuteur ou ses camarades de classe »
.

Par ailleurs, les scientifiques précisent que ce logiciel de « reconnaissance des signes » pourrait être utilisé à d’autres fins comme permettre à une personne à mobilité réduite de contrôler les appareils dans sa maison, par exemple l’ouverture des rideaux ou tout simplement zapper devant sa télévision.

Ce service devant être mis sur le marché vers la fin de l’année prochaine, dois-je alerter Pôle Emploi qu’il faudrait réfléchir dès à présent à la reconversion professionnelle des interprètes (humains) en langue des signes ?

Au Japon des interprètes virtuels en langue des signes

Poursuivons notre tour du monde. Après notre escale à Los Angeles, embarquons de nouveau dans un avion pour franchir le Pacifique et nous poser à Tokyo.

Au Japon, des chercheurs des laboratoires NHK Science & Technology développent actuellement une technologie automatisée de traduction vers la langue des signes avec un avatar virtuel.

Cette technologie est capable de convertir des chaînes de mots japonnais en gestes via un avatar virtuel. L’objectif est d’améliorer la compréhension des émissions de télé pour les personnes sourdes et malentendantes car à ce jour dans ce pays, peu de programmes diffusent une traduction en langue des signes.
Et nous savons que les sous-titres ne sont pas la solution idéale pour garantir une compréhension optimum des programmes. En effet, les personnes qui sont nées sourdes et dont la première langue enseignée est celle des signes (leur langue maternelle donc) ont plus de difficultés pour comprendre les sous-titres.

Ce système traduit du texte en langue des signes et présente le résultat via un avatar animé situé sur un plateau télé virtuel. Il est également capable de remplacer par des synonymes des mots qui ne peuvent pas être traduits directement.
Cette technologie de traduction est encore imparfaite car elle peut manquer de fluidité. Les tests effectués montrent que les personnes sourdes ont pu comprendre les gestes de l’avatar à un niveau basique. Le programme prévoit une intervention humaine pour corriger et ajuster les traductions en cas d’erreur.

En voici un exemple ci-dessous :

Il faut cependant noter que la France développe aussi ce type d’interprète virtuel en LSF via la société WebSourd. WebSourd et sa nouvelle offre 3DSigner : un personnage virtuel qui s’exprime en langue des signes française.

Dans notre environnement quotidien, que ce soit dans les domaines des transports, des médias, et plus généralement dans tous les dispositifs nécessitant de faire passer un message au public, les systèmes d’informations prennent la forme de contenus textuels difficilement compréhensibles par les personnes sourdes. Les procédés de synthèse vocale largement répondus leurs sont également inaccessibles. En conjuguant les technologies de l’information et de la communication avec son savoir-faire en matière de traduction en langue des signes, WebSourd a développé un nouveau moyen de délivrer des messages en langue des signes à destination du public sourd : la solution 3DSigner.

3DSigner, c’est un avatar signant, un personnage virtuel qui s’exprime en langue des signes. Qu’il s’agisse de délivrer un simple message ou d’adapter l’ensemble d’un système d’information pour qu’il soit accessible, la solution 3DSigner permet de mieux cibler la communication d’une structure vers le public sourd.

Cette offre a vu le jour en 2008, lorsque WebSourd a commencé à développer pour la SNCF un signeur virtuel en 3D, en partenariat avec le laboratoire LIMSI du CNRS. La Gare de l’Est à Paris a ainsi été équipée de nouveaux écrans d’affichage qui intègrent d’ores et déjà Jade, hôtesse d’accueil virtuelle, qui devrait être présente dans de nombreuses gares prochainement.

Plus d’infos sur le site de 3DSigner