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Des interprètes afghans abandonnés à leur sort par la France

Oublions quelques instants l’interprétation en langue des signes pour évoquer le cas de nos collègues afghans aujourd’hui en danger de mort.

Si la France a quitté l’Afghanistan en décembre 2014, de nombreux interprètes ayant travaillé avec l’armée sont restés sur place. Au total plus de 160 interprètes sont menacés de mort par les Talibans et attendent toujours leur visa pour gagner la France.
Notre attitude à l’égard de ces anciens interprètes est non seulement une honte, mais aussi un manquement aux principes d’accueil, d’humanité, de solidarité. S’ils sont à présent en danger, c’est parce qu’ils ont accepté d’aider les forces militaires occupant leur pays pour lutter contre les islamistes et la barbarie. Par leur présence, leur connaissance du terrain, leurs compétences linguistiques et culturelles, ils ont certainement sauvé de nombreuses vies de soldats occidentaux.
Aujourd’hui, c’est pour la leur qu’ils se battent. Quand les pays de la coalition se sont retirés d’Afghanistan aucun ne s’est préoccupé des conséquences dramatiques pour ceux qui nous ont fait confiance. Tous les ont abandonnés.

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En France, face à cette situation, 35 avocats travaillent pour faire bouger les choses et permettre à ces anciens interprètes de l’armée de vivre leur vie loin des menaces.
En avril 2015 ils ont adressé une lettre ouverte au Président de la République François Hollande.
Puis ils ont mis en ligne une pétition intitulée : « Soutenez la défense des auxiliaires afghans qui ont servi l’armée française en Afghanistan entre 2001 et 2014 » que je vous encourage à signer.
Par ailleurs, Caroline Décrois, une avocate parisienne à la tête de ce collectif  s’est exprimée dans de nombreux médias français pour nous alerter :

« Aujourd’hui, 90% des interprètes se sont regroupés à Kaboul qui reste la zone la plus sûre en Afghanistan, malgré des attentats. Ils sortent très peu de chez eux et sont clairement menacés. Ils reçoivent des lettres de menaces, glissées sous leurs portes ou placardées, provenant des Talibans ou d’un groupe de Talibans affilié à l’Etat islamique (Daech).
On les menace de mort, mais également de les torturer pour obtenir des informations, des renseignements ou leur savoir-faire acquis auprès de l’armée française. Ceux qui pouvaient ont pris la fuite, les autres vivent cloîtrés, déménageant toutes les semaines.
Si je n’ai pas connaissance d’interprètes des Français exécutés, certains qui ont travaillé avec les Américains ont été tués. En général, quand on travaille avec l’armée, on espère une protection quand les troupes s’en vont. La promesse d’un visa, ce n’était pas dans leur contrat, mais la France ne pensait pas non plus laisser l’Afghanistan dans cette situation catastrophique. Les critères posés pour sélectionner les dossiers ont été dévoyés.
Avant leur sécurité, on a fait passer leur possibilité d’intégration. On s’est plus demandé comment matériellement intégrer ces gens plutôt que de se demander s’ils étaient menacés. Pourtant, la relocalisation, c’est de la protection de personnes menacée, toute autre question n’a pas lieu d’être. » 

Voici le portrait d’un interprète afghan « oublié » par la France (source Le Monde) :

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Adil Abdulraziq, 29 ans. Il a été interprète pour l’armée française entre 2001 et janvier 2014. Marié, il a deux enfants. Ingénieur de construction de formation, il est au chômage aujourd’hui et cherche à partir en France. Sa demande de visa a été rejetée. Il est le porte-parole de cinquante autres interprètes, qui affirment être menacés dans leur pays.
Pendant treize ans, Adil Abdulraziq était chargé de mettre en place des barrages sur les routes, d’entrer dans les maisons des villageois, de leur demander de sortir avant que les forces françaises procèdent à des fouilles. « Les Français ne connaissent pas la culture afghane. C’était donc à l’interprète afghan d’entrer et d’avertir les occupants, surtout les femmes », explique l’Afghan de 29 ans.
Les villageois l’ont à de multiples reprises photographié et filmé, en tenue militaire, fusil à la main et le visage découvert. Cela lui vaut de nombreuses menaces. « En 2011, j’ai trouvé une lettre collée à ma porte. Quelques jours plus tard, j’ai reçu un appel téléphonique. La voix me disait que j’étais un infidèle, un espion et un traître et que je serai décapité », se souvient l’interprète. Quelques mois plus tard, une explosion a détruit le mur de sa maison.
La police afghane a confirmé qu’il avait été ciblé en raison de son engagement auprès des Français. La demande de visa d’Adil Abdulraziq date de mi-2013. Un mois après le dépôt de sa demande, on lui a signifié que la procédure de visas pour les interprètes était close.
Depuis, il sort rarement de chez lui et vit dans l’angoisse permanente. Il a essayé de trouver du travail dans différents domaines. Sans succès. « Les employeurs pensent que, s’ils nous engagent, ils seront en danger eux aussi », explique Adil Abdulraziq.

Il y a aussi Abdul qui témoigne dans le Nouvel Obs : ancien traducteur de l’armée française, victime d’intimidation de la part des Talibans il a demandé en vain un visa de réfugié pour la France. A Kaboul, il tremble pour sa sécurité.

D’autres Afghans estiment qu’ils ne peuvent plus attendre, que leur vie devient trop dangereuse dans leur pays. C’est le cas de Naqibullah, arrivé clandestinement en France. Ce médecin de formation vit maintenant comme un sans-abri à Lyon… Il ne sait toujours pas si son cas va pouvoir être examiné dans le même cadre que celui de ses collègues interprètes restés en Afghanistan.

De leur côté, les autorités françaises prennent en compte 3 critères pour valider leur accueil : la qualité des services rendus, la capacité à s’insérer en France et surtout l’exposition à une menace réelle de l’interprète et de sa famille. Pour Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, « la France a des devoirs envers ses personnels ; elle ne s’y dérobera pas. Si le fait d’avoir travaillé avec la France ne peut ouvrir un droit absolu à s’y installer, la réalité du risque encouru doit évidemment être prise en compte. » 
Un porte-parole du Quai d’Orsay ajoute : « on doit traiter au cas par cas. C’est complexe, un travail interministériel. Il faut vérifier la situation de chacun, la réalité du danger. Il n’y a pas d’accueil automatique. »

Il semble que les Talibans procèdent, eux, de façon plus expéditive. Ainsi que le révèle le Daily Mail, la semaine dernière un interprète ayant travaillé pour l’armée britannique et connu sous le nom de Popal a été torturé puis assassiné tandis qu’il tentait de fuir les Talibans, sa demande de visa ayant été rejetée par les autorités britanniques. On reste sans nouvelle de ses quatre collègues qui l’accompagnaient.

Aux Etats-Unis, la mobilisation pour tenter de sauver les interprètes locaux ayant travaillé en Irak ou en Afghanistan est menée par Katharine Allen & Barry S Olsen qui ont lancé un appel pour récolter des fonds – via leur blog – afin de financer un film intitulé « The Interpreter »,  l’histoire banale de Farouq, un interprète abandonné par les forces militaires américaines lors de leur retrait et en danger de mort.
Comme des centaines d’autres restés sur le terrain.

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© Stéphan – ( i ) LSF

Signes extérieurs : une interprète sur la Planète des Singes

Pour exercer le métier d’interprète en langue des signes il faut parfois savoir voyager très loin. Dans l’espace bien sur mais aussi dans le temps, vers des lieux imaginaires, sur d’autres planètes…

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Ainsi ma collègue originaire de la Nouvelle-Orléans, Shari Bernius a été embauchée il y a 1 an et demi par les producteurs du film « Planète des Singes – l’Affrontement » pour permettre aux homidés (humains et chimpanzés) de s’exprimer en langue des signes américaine (ASL).

En effet, pour ce nouvel opus, le réalisateur voulait montrer des singes doués d’une intelligence supérieure et sachant communiquer par signes ou pour certains par la voix. C’est pourquoi il a fait appel à Shari qui leur a enseigné les rudiments de l’ASL. Ainsi quand le méchant primate signe « nous pouvons les détruire, ils sont encore faibles », vous pouvez admirer le résultat de longues heures de travail hors-écran menées par Shari Bernius.

Comme elle l’explique, « pour les comédiens « humains », avant le tournage, j’ai travaillé de nombreuses heures avec eux, j’organisais notamment via Skype des sessions de formation ».
Bien sur elle fut aussi présente sur le tournage, dans le parc d’attraction abandonné « Six Flags » qui a servi de décor au film, afin de poursuivre son enseignement, essayer de corriger leurs erreurs et suivre les changements dans le script souvent décidés à la dernière minute.

Si l’enseignement de l’ASL aux humains n’a pas posé trop de problème, elle a dû en revanche s’adapter pour les primates et travailler en partenariat étroit avec Terry Notary, leur éleveur. Ainsi, elle réalisait de courtes vidéos traduisant les phrases du scénario qu’ils étaient censés signer puis Terry faisait répéter ses jeunes apprentis comédiens chimpanzés en tenant compte de leur morphologie, de leur motricité, de leur mimique faciale, de leur façon de grogner…
Bref au final, comme le souligne Shari Bernius, c’était une langue des signes plus « primitive ».  « J’ai enseigné à Terry la langue des signes américaine et il m’a initié à la langue des signes singe ! »

Aujourd’hui après avoir vu le film, comment juge-t-elle les performances en ASL de ses élèves primates et humains ?

« Après l’avant-première, Matt Reeves le réalisateur m’a demandé ce que je pensais du résultat. J’ai été clair avec lui, je lui ai dit qu’on avait foiré, que ça ne ressemblait à pas grand chose. C’était terrible, tandis que je regardais le film je n’arrêtais de me dire, mais ça ne veut rien dire, ce n’est pas du tout ce que je  leur ai appris ! Puis en sortant de la séance j’ai enfin réalisé que c’était normal, après tout ils étaient censés s’exprimer en langue des singes et non des signes ».

Plus d’infos sur le site du The Times-Picayune 

La tête dans les étoiles

Dans un Planétarium, il est difficile pour une personne sourde qui assiste aux ballets des étoiles, des planètes, des galaxies, de pouvoir en même temps bénéficier du spectacle et de la traduction en langue des signes des commentaires. En effet, soit il veut admirer les astres mais dans ce cas il faut éteindre les lumières et l’interprète en langue des signes disparaît dans la nuit artificielle, soit il veut voir l’interprète pour suivre les explications mais les lumières allumées lui interdiront d’observer la voûte céleste.

C’est en découvrant ce cruel dilemme qu’un groupe de chercheurs de l’Université Brigham Young aux Etats-Unis a eu l’idée initier un projet intitulé « Sign-Glasses » : il s’agit simplement d’insérer un interprète en langue des signes dans les Google Glass (les fameuses lunettes développées par Google).

Dirigée par Michael Jones, professeur adjoint en sciences informatiques, l’équipe de chercheurs s’est associée à l’Institut Jean Massieu, en Utah, qui accueille des élèves sourds, afin de démarrer les tests.
Comme le souligne le Professeur Jones, « c’est une chance extraordinaire d’avoir pu s’associer à un groupe de sourds qui s’expriment parfaitement en ASL (American Sign Language). Cela nous a permis non seulement de franchir rapidement les nombreuses étapes pour la mise au point de cet outil mais aussi de mieux comprendre leurs attentes« .
Ainsi, c’est grâce aux recommandations des étudiants que l’interprète, qui était au départ visible en bas à droite comme habituellement, a été déplacé au centre du champ de vision, les sourds expliquant qu’il préféraient voir « à travers » les apparitions de l’interprète le spectacle du Planétarium.

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Cette innovation technologique qui était pensée au départ pour rendre enfin accessible le Planétarium pourrait bientôt se décliner vers d’autres applications, comme la visite de musées ou d’expositions ces lunettes faisant office de « visio-guide ». Autre piste de recherche plus originale, la mise au point d’un outil permettant d’améliorer l’alphabétisation des sourds.
C’est justement la nouvelle étape de ce projet « Sign-Glasses » menée  avec l’Université de Georgia Tech. Une personne sourde lisant un livre pourrait grâce à ces lunettes faire apparaître un interprète pour traduire ou donner la définition d’un mot qu’il ne connaîtrait pas. Une sorte de dictionnaire langue des signes en pop-up !

Ce sont alors les étudiants de l’Université de Gallaudet, université américaine réservée aux sourds et malentendants qui pourraient s’en emparer, en attendant qu’un jour, peut-être, une entreprise française se décide enfin à adapter ces Google Glass vers la langue des signes française (LSF) et que des interprètes F/LSF surgissent au fond d’un verre… de lunettes.

Une démonstration (en anglais) de cette invention :

Incroyable ! 3 interprètes en langue des signes se bagarrent sur un plateau de télévision !

Lundi 7 Avril, devant les caméras de l’émission « Jimmy Kimmel Live », les téléspectateurs ont pu assister à une grande première : une « battle » de rap en langue des signes.

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Les trois interprètes invitées à ce show (notamment Holly Maniatti et Amber Galloway) sont déjà connues pour avoir interprété en ASL (American Sign Langage) les concerts Wu Tang Clan, des Beastie Boys, de Snoop Dogg, d’Eminem, de Lil Wayne…

Pour cette « battle » à 6 mains, elles devaient signer en direct « Black and Yellow » la célèbre chanson du rappeur Wiz Khalifa.

Ce dernier a d’ailleurs avoué (en plaisantant ? ) qu’il était bien content d’avoir parfois des interprètes en langue des signes à ses côtés durant ses concerts car il lui arrivait d’être « trop défoncé pour se rappeler des paroles de ses chansons ».

 

Signes extérieurs : aux Etats-Unis

Profitons de cet été pour visiter d’autres pays et voir comment se porte ici ou là l’interprétation en langue des signes à travers des articles parus dans la presse papier ou internet.

Aujourd’hui nous nous rendons aux Etats-Unis, à la rencontre d’Holly Maniatty qui traduit en langue des signes américaine (ASL) des concerts du Wu-Tang-Clan, de Killer Mike ou des Beastie Boys.
Voici un extrait du long article paru sur le site Slate.fr le 24 juillet 2013.

Interprète pour concert de rap en langue des signes

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 » Holly Maniatty a toujours eu un don pour les langues et sur un coup de tête et s’est inscrite au programme ASL (American Sign Language) du Rochester Institude of Technology.  Maniatty, l’une des deux seules élèves à n’avoir aucune connaissance préalable de la langue des signes, a obtenu son diplôme en deux ans avant de décrocher une licence de l’Université de Rochester. A la fac elle s’est retrouvée confrontée à d’autres facettes du hip-hop et a découvert les Beastie Boys et le Wu-Tang. Qu’elle a tous deux adoré.

Sa percée dans le monde de la musique date de l’époque où elle travaillait pour une agence d’interprétariat de Rochester. Alors qu’on demande une interprète pour un concert de Marilyn Manson, aucun de ses collègues ne veut s’en occuper.

«Personne ne voulait le faire, m’a-t-elle dit au téléphone un mardi après-midi, tandis que sa vidéo avec le Wu-Tang devenait virale. Ce fut une façon plutôt stylée d’accéder à l’interprétariat de concert, car Manson, c’est un spectacle à lui tout seul. Un énorme spectacle.»

La prestation avec Manson donne à Maniatty le goût des concerts. Quelques années après, travaillant à présent pour un service d’interprétariat de Portland dans le Maine, un collègue l’introduit auprès d’Everyone’s Invited, un producteur de spectacle qui embauche des interprètes pour des festivals et des événements. Selon la directrice, Laura Grunfeld, il est de plus en plus courant d’avoir des interprètes dans les concerts, même si c’est principalement lors des festivals les plus importants, tels que Bonnaroo.

Maniatty s’est rapidement retrouvée à travailler pour le New Orleans Jazz Fest et pour Bonnaroo, partageant la scène avec des groupes comme Bruce Springsteen (qui a chanté et signé Dancing in the Darkavec elle), U2, et même Bob Saget. Elle fait environ 60 concerts par an, paye ses déplacements elle-même, et touche des honoraires fixes.

Ce n’est qu’en 2009 qu’elle aborde la scène hip-hop avec un événement majeur, le concert des Beastie Boys à Bonnaroo, qui sera le dernier concert du groupe. Elle se voit encore dire à un fan sourd venu du Bronx: «Salut, je suis Holly, je viens du Maine et je serai ton interprète.» «Il m’a regardé et m’a dit: Quoi? Tu vas traduire le concert?»

Pour se préparer, Maniatty a consacré plus de 100 heures à étudier les Beastie Boys, mémorisant les paroles, repassant d’anciens concerts. Pour plus de précision et d’authenticité, elle s’est également renseignée sur les signes dialectaux: de la même façon qu’un rappeur d’Atlanta utilise un argot différent d’un rappeur du Queens, selon leur région d’origine les locuteurs en langue des signes utilisent des signes différents. Savoir signer flingue ou brother comme on le fait dans telle ou telle région est crucial pour être authentique. « 

Pour finir, une vidéo montrant Hooly Maniatty lors d’un concert du Wu-Tang-Clan :

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Pour ceux qui veulent lire l’article dans son entier c’est sur le site slate.fr :
Interprète pour concert de rap en langue des signes

Quand interprétation rime avec conviction

Tandis que le nord-est des Etats-Unis se préparait à l’arrivée de la tempête hivernale « Nemo », les responsables gouvernementaux ont tenu de nombreuses conférences de presse pour annoncer les mesures à prendre et notamment conseiller au gens de rester chez eux.

Et comme nous sommes aux Etats-Unis, l’intégralité des messages étaient traduits en ASL (American Sign Language).
D’ailleurs lors de la tempête Sandy nous avions déjà fait connaissance avec Lydia Callis, la très expressive interprète du maire de New-York.

Voici à présent celle du gouverneur du Massachussetts Patrick Deval, dont l’énergie dégagée par son interprétation a retenu l’attention des américains.

À tel point qu’ils en ont fait un GIF :

tumblr_mhxzrusD4y1qdlh1io1_500Vous pouvez continuer à admirer sa performance
en cliquant sur ce lien : The Blaze

Merci à Brain Magazine qui m’a signalé cette étonnante image.

Lydia Callis, a star is born !

Lydia Callis, l’interprète officielle en langue des signes américaine (ASL) du maire de New-York, est devenue en quelques heures une véritable star aux États-Unis tandis que sévissait la tempête Sandy.
Lors des conférences de presse télévisée durant lesquelles Michael Bloomberg, solennellement, mettait en garde ses concitoyens sur les risques à venir et énonçait les mesures à prendre pour se protéger, Lydia Callis traduisait ses propos avec beaucoup d’enthousiasme comme vous pouvez le constater dans la vidéo.

Selon de nombreux journalistes ou internautes, le contraste saisissant entre le maire un peu guindé et l’interprète avec son style très expressif offrait aux new-yorkais une sympathique éclaircie tandis que s’abattaient des trombes d’eau sur la ville.
Ainsi que le rapporte le New-York Times, dans « ce flot d’informations décrivant les ravages causés par la tempête Sandy il y avait peu de place pour la joie sauf s’il vous arrivait d’apercevoir Lydia Callis en action à côté du maire ».

Peu d’interprètes en langue des signes accèdent à la gloire (ce qui est normal, nous sommes là pour traduire des échanges, pas pour nous mettre en avant). On nous remarque en début de conférence ou de l’intervention que nous traduisons (« mais c’est qui ce type qui agite ses mains à coté de l’orateur?« ) puis on nous oublie.
Qu’un interprète soit connu par son nom est exceptionnel. Il y a eu bien sûr Leslie Grange, la « fausse interprète » britannique qui voyait des zombies partout et aux Etats-Unis on peut citer Jack Jason qui a atteint une certaine notoriété en tant qu’interprète de l’actrice Marlee Matlin tandis qu’elle participait aux émissions « The Celebrity Apprentice » ou « Dancing with the Stars ».

Autre nouveauté, pour Lydia Callis, sa célébrité est née grâce aux réseaux sociaux. Par exemple, il a suffi d’une ou deux apparitions sur les chaines de télévision américaines pour qu’aussitôt un Tumblr, avec une sélection de photos (plus ou moins drôles) d’elle en action soit crée.

Sur Twitter (comme le montrent les captures d’image ci-dessous) on chante ses louanges, on s’étonne de ses expressions faciales, on s’amuse de ses grands gestes à côté d’un maire très sérieux. Ses fans se disent hypnotisés, d’autres lui déclarent leur amour, ils affirment qu’ils pourraient la regarder pendant des heures…

Au-delà de ces remarques amusantes et de cette gloire éphémère, il faut surtout saluer sa présence continue au coté du maire en ces moments importants. Grâce à elle, des millions d’américains sourds ou malentendants ont pu comprendre les recommandations formulées par leur maire et prendre les précautions utiles.

Les autorités françaises feraient bien de s’en inspirer comme le rappelle justement Olical22 sur Twitter.

Nous sommes tous des citoyens français, devant les catastrophes nous sommes tous égaux, il serait donc logique que nous soyons également tous égaux quant à l’accessibilité de l’information.

Or aujourd’hui, en France, cela n’est pas le cas. Une collègue parisienne me racontait ainsi qu’en 2001, après l’explosion de l’usine AZF, les sourds de Toulouse n’ont rien compris à ce qui se passait. Pourtant à la télévision il y avait des direct, des flashs infos… Mais ni sous-titrés ni traduits en LSF.
En 10 ans la situation n’a que peu évolué. Seul un journal matinal sur France 2 est traduit en LSF (plus un sur chacune des chaines d’infos en continu) et même les allocutions du Président de la République ne sont pas interprétées en direct (excepté les vœux du 31 décembre) car, nous explique-t-on, cela « ne ferait pas joli à l’écran ».

Coupable, forcément coupable…

On savait la justice aveugle car impartiale.
Malheureusement on constate aussi, via un fait divers récent, qu’elle a parfois des problèmes d’audition surtout quand il s’agit d’interroger des personnes sourdes ou malentendantes s’exprimant en langue des signes.

Comme je l’ai souvent signalé (notamment dans cet article d’octobre 2011 ou dans celui là de décembre 2011), aussi bien l’institution policière que judiciaire prête peu attention aux besoins spécifiques des sourds en matière de communication et notamment à la nécessaire présence d’interprètes en langue des signes pour assurer des auditions transparentes et sans malentendu de part et d’autre.

Hélas, on voit trop souvent la police ou la justice faire appel à un voisin, un ami, un collègue connaissant quelques signes et disponible immédiatement pour faire office d’interprète en LSF.
C’est ainsi qu’on verra un soi-disant interprète qui, pour ne pas trop se fatiguer durant un procès attendra la fin des plaidoiries les mains dans les poches puis en fera un résumé en langue des signes à la victime ou à l’accusé sourd, ou d’autres qui interviennent durant les interrogatoires au commissariat pour “aider” la personne sourde à répondre voire répondant à leur place ou les conseillant sur la meilleure stratégie à adopter.
Bref des intervenants qui n’ont ni le niveau technique ni la connaissance du Code déontologique des interprètes en langue des signes qui leur assureraient une bonne pratique de ce métier.

Après ce long prologue, voici l’histoire du jour : elle se passe à New-York mais elle aurait aussi bien pu se dérouler en France ou le retard en matière d’accessibilité judiciaire est donc considérable.

En 2010, grâce à un tuyau recueilli par les agents du département de police « Cold Case » (comme à la télé mais sans Lilly Rush) les enquêteurs ont arrêté Gabriel Thompson, 48 ans. Rapidement ils l’accusent d’avoir poignardé et tué, 25 ans auparavant, un homme qui aurait eu une liaison avec sa petite amie du moment.

Selon le bureau du procureur de l’Etat de New-York, les enregistrements vidéos de l’interrogatoire prouvent que Thompson a avoué le meurtre. A contrario, Thompson affirme que ces vidéos n’ont aucune valeur car il n’a pas compris qu’il avait en face de lui un policier, il pensait que c’était un interprète en langue des signes, bref, qu’il s’est fait piéger.
Car, vous l’aurez deviné, Gabriel Thompson est sourd et le NYPD a tout simplement demandé à un policier présent qui connaissait un peu l’ASL (American Sign Language) de servir temporairement d’interprète afin de traduire les questions du procureur et les réponses du suspect. Ce qui effectivement entache quelque peu la supposée neutralité de l’interprète, sans parler des réelles compétences de l’officier de police en langue des signes américaine.
D’ailleurs Thompson affirme (et c’est de bonne guerre) que le policier qui a traduit en anglais ses réponses lors de l’interrogatoire a commis de nombreuses erreurs d’interprétation et que sa langue des signes était confuse.
Thompson ajoute qu’il n’avait pas non plus compris que la personne qui lui posait des questions était un procureur qui cherchait à rassembler des preuves prouvant sa culpabilité dans l’assassinat de Miguel Lopez.

C’est pourquoi il veut que la vidéo de ses « soi-disant » aveux enregistrés soit déclarée irrecevable lors du procès (pour vice de procédure), ce qui de facto réduirait à néant les charges pesant contre lui selon son avocat, Arnold Kronick.

D’après la traduction de l’officier de police Julio Vasquez, qui a fait office d’interprète durant l’interrogatoire, Thompson a admis avoir rencontré Miguel Lopez en Août 1985, après avoir appris que ce dernier avait transmis une maladie sexuellement transmissible à sa petite amie, qui donc le trompait avec Lopez (déjà en français c’est compliqué alors imaginez en langue des signes ! )

Toujours d’après la traduction du policier, Lopez l’aurait frappé dans le dos. « J’ai cru qu’il m’avait tiré dessus alors je me suis défendu. Je l’ai poignardé une fois, une seule fois, c’est tout. Et il était encore vivant quand je suis parti. »

Pour ajouter à la confusion, l’officier Vasquez (en tant qu’interprète) a admis quelques jours plus tard qu’il avait omis de traduire au procureur que Thompson réclamait un avocat (ce qui est contraire au célèbre Miranda Warning : you have the right to an attorney) et il a reconnu (en tant que policier) qu’il n’avait pas informé Thompson que le procureur Holtzman était ici pour le questionner afin de constituer un dossier à charge. Sans commentaire.

Depuis les deux parties ont fait examiner la vidéo par leur propre interprète (sortis d’on ne sait où) en langue des signes. Bien sur les transcriptions qu’ils ont fournies au tribunal ne coïncident pas (sinon cela aurait été trop simple…). Et aucun interprète-expert auprès de la Cour n’a encore été désigné.

Comme le rappelle Ralph Reiser, avocat new-yorkais spécialisé dans la défense des personnes handicapées « les policiers et les procureurs sont tenus de faire appel à des interprètes impartiaux. Dans cette histoire il y a un mélange des genres et un conflit d’intérêts évident et moralement répréhensible. »
En effet comment imaginer que l’officier new-yorkais soit parfaitement neutre lorsqu’il pose sa casquette d’interprète sur celle de policier durant cette procédure ?
Notez d’ailleurs que le suspect sait s’en servir puisqu’il affirme ne pas avoir compris toutes les questions traduites en ASL arguant du fait que ce n’était pas un professionnel. Que cette affirmation soit vraie ou fausse (il a peut-être parfaitement compris les questions et fait exprès de répondre à coté de la plaque pour éviter d’avoir à avouer sa culpabilité) importe peu. Mais c’est la preuve évidente que de ne pas prendre un interprète certifié et respectant le code déontologique de sa profession (secret professionnel, neutralité, fidélité) entache forcément la procédure avec des suspicions de fraudes, de mensonges ou de malentendus. Et c’est toujours au détriment de la vérité.

Cette histoire du suspect sourd et du policier interprète pourrait nous faire sourire mais, comme souvent à la fin, c’est le sourd qui perd. En effet, la semaine dernière un juge du Bronx a refusé que la vidéo soit retirée de la procédure. Elle demeure donc comme pièce à conviction pour le procès à venir. Car de son coté, Thompson a refusé l’offre du procureur de plaider coupable pour homicide involontaire en échange de 4 à 12 ans derrière les barreaux. Il doit donc à présent se défendre et il encourt une peine de prison allant de 25 ans à la perpétuité pour meurtre au second degré.

Si vous connaissez l’anglais et que vous pratiquez l’ASL, cliquez sur l’image ci-dessous. Vous verrez la vidéo de l’interrogatoire et pourrez peut-être vous forger votre intime conviction. Manipulé ou manipulateur ? Coupable ou innocent ?

Cliquez sur l’image pour accéder à la vidéo

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Travailler avec un interprète, le mode d’emploi de la CIA

La torpeur estivale recouvre enfin la capitale, les interprètes en langue des signes se tournent les pouces. On profite des terrasses des cafés et on se contente de traduire les journaux télévisés (France 2, BFMTV, iTélé, LCI).

Aussi profitons-en pour nous échapper un peu, envolons-nous vers les États-Unis.
Je vous propose, en lien avec le billet précédent, de poursuivre notre immersion dans le monde mystérieux des services secrets en découvrant des extraits (traduits par moi-même) du « Manuel de l’Interrogatoire » rédidé par la Central Intelligence Agency (CIA) et destiné à ses agents (édition 1988) afin qu’ils apprennent à travailler en bonne intelligence avec les interprètes s’ils en avaient besoin un jour.

Bien sûr ces recommandations sont valables quelle que soient les langues de travail (langue des signes comprise).

INTERPRÈTES

I- Introduction :
En de nombreuses occasions (clandestins, réfugiés, prisonniers de guerre, agents suspects) les personnes interrogées ne parleront votre langue. C’est pourquoi la présence d’un interprète sera indispensable pour mener à bien l’interrogatoire.
Utilisé à bon escient, un interprète peut être un atout essentiel dans la conduite de votre mission en vous permettant notamment de respecter les diverses coutumes et traditions des personnes interrogées.
Cependant n’oubliez jamais que la présence d’un interprète ne peut remplacer avantageusement un échange direct entre vous et le suspect.

II- Difficultés et limites :
A- Le temps nécessaire pour conduire un interrogatoire sera plus que doublé.
B- Vous éprouverez des difficultés importantes à essayer d’établir un lien direct avec le suspect en raison d’un manque de contact personnel avec lui car vous ne pouvez pas lui parler directement.
C- Il est très difficile d’utiliser certaines techniques d’interrogatoire telles qu’un tir nourri de questions en présence d’un interprète.
D- Certains éléments signifiants comme l’inflexion de votre voix, le ton utilisé, ne pourront pas être perçus par le sujet (à cause du recours à un interprète) ce qui augmente les risques de malentendus.
E- La présence d’un interprète peut amener le suspect à ne pas dévoiler des informations durant l’interrogatoire. Des personnes acceptent de révéler certains éléments uniquement si elles ont l’assurance que leur propre camp ne sera pas au courant qu’elles parlent ceci afin d’éviter toutes représailles. La présence d’un troisième personnage durant l’interrogatoire, même si c’est un interprète, peut faire douter le suspect sur les promesses de confidentialité.
F- Il existe un risque sécuritaire en raison de la présence d’un interprète qui sera une personne de plus au courant de nos besoins en renseignements et il entendra un nombre considérable d’informations classifiées durant la conduite de l’interrogatoire.

III- Sélectionner les interprètes :
A- Il est important que l’interprète ait les habilitations de sécurité nécessaires car l’ennemi cherche continuellement à pénétrer notre organisation afin d’apprendre nos besoins en renseignements.
B- Il doit parfaitement parler votre langue ainsi que celle du sujet interrogé. Il doit aussi être parfaitement à l’aise à l’écrit dans les deux langues.
C- Autant que faire ce peut, la personnalité de l’interprète doit être aussi proche que possible de la votre. Cela deviendra le cas si vous êtes amenés à travailler régulièrement ensemble. En cas d’incompatibilité vous devrez prendre un autre interprète. Il doit aussi pouvoir adapter sa personnalité en fonction du suspect et des techniques d’interrogatoire employées.
D- (…) Dans certaines sociétés les femmes sont souvent considérées comme socialement inférieures. Aussi prendre une interprète féminine n’est pas conseillé si vous interrogez un homme. Certaines intonations masculines ne pourraient pas être retransmises par la voix d’une interprète féminine. Or, d’après des recherche en psychologie, hommes et femmes répondent mieux s’ils sont interrogés par un homme.
(…)

IV- Formation des interprètes :
A- Établissez dès que possible votre autorité et assurez-vous que l’interprète prend conscience des limites de sa propre autorité. C’est votre rôle d’informer l’interprète de ses devoirs, du comportement attendu, des techniques d’interrogatoire qui seront pratiquées et tous les autres éléments que vous jugerez nécessaires.
B- Déterminez son niveau de formation et d’expérience, notez tout ce qui vous semblera inapproprié et notifiez-lui fermement ce qu’il doit modifier. (…)
C- L’exactitude des traductions est primordiale. Il doit savoir que s’il ne comprend pas ce que vous essayez de dire il ne doit pas déformer vos propos. Il faut dans ce cas qu’il en discute d’abord avec vous avant de les traduire.
Il doit comprendre qu’il est votre porte-parole et qu’il est indispensable à la bonne tenue de l’entretien.
Cependant il faut l’avertir qu’il ne doit pas intervenir avec ses propres idées durant l’interrogatoire. Il doit traduire directement tout propos énoncé par vous ou la personne interrogée. Il doit éviter les expressions telles que « il veut savoir si vous… » ou « il me dit de vous dire que… ».
(…)
E- Une attention particulière doit être portée sur la maîtrise par l’interprète de terminologies techniques dans des domaines précis. L’utilisation de vocabulaires techniques accroît la complexité dans la compréhension des questions ou des réponses. C’est pourquoi l’interprète doit être aussi compétent que vous sur les sujets abordés.
F- Faites-lui clairement comprendre que la quantité et la qualité des informations obtenues durant l’interrogatoire dépendra de ses compétences.

V- L’utilisation des interprètes :
A- Il faut toujours intégralement briefer l’interprète avec les informations en votre possession en liaison avec les objectifs de l’interrogatoire.
En amont de l’interrogatoire, l’interprète doit pouvoir mener les recherches de vocabulaire techniques ou professionnels qu’il jugera nécessaires. Dans certains cas il sera nécessaire que vous lui fournissiez une définition précise des termes que vous emploierez afin de vous assurer qu’ils sont clairement compris par l’interprète.
(…)
C- Il existe deux méthodes d’interprétation: consécutive  ou simultanée. Vous choisirez la méthode retenue en fonction de votre évaluation des capacités de l’interprète et de ses caractéristiques personnelles.

Chacune des méthodes a ses propres avantages et inconvénients que vous devez connaître.
Interprétation consécutive : vous dites des phrases entières voire des paragraphes. Puis vous attendez que l’interprète les traduise. Cela demande à l’interprète d’avoir une excellente mémoire. Mais cela lui permet aussi de correctement reformuler les phrases afin d’être sur qu’elles seront compréhensibles dans la seconde langue. C’est important si la structure de la langue du sujet interrogé est très différente de la votre.
L’inconvénient de cette méthode est qu’elle rend plus évidente la présence de l’interprète. Elle rompt le contact visuel « les yeux dans les yeux » entre vous et le sujet interrogé.
L’interprétation simultanée : l’interprète traduit vos mots au fur et à mesure que vous parlez. Il  colle à vos propos le plus possible, souvent il n’y a que quelques mots d’écart entre vous et lui. Cela lui permet de mieux exprimer les finesses dans l’expression, de mieux faire percevoir votre attitude mentale ou celle du suspect. Comme il n’y a pas de pause tandis que vous ou le sujet parlez cette méthode favorise une écoute attentive, améliore le lien entre vous et le sujet.
L’interprétation simultanée a pour inconvénient d’augmenter le risque d’erreur dans l’interprétation surtout s’il y a de grandes différences dans la structure des phrases entre les deux langues. Elle nécessite aussi une très grande compétence dans les deux langues.

D- Quelques recommandations
Informez l’interprète sur le déroulement de l’interrogatoire et les techniques qui seront utilisées. Si possible entrainez-vous avant avec lui dans des conditions le plus proche possible de la réalité.
Lors du premier contact avec le sujet, vous devez l’informer sur le rôle de l’interprète durant l’interrogatoire, à savoir qu’il est là pour traduire précisément tout ce qui sera dit entre vous et lui.
Informez également le sujet qu’il doit s’adresser directement à vous, pas à l’interprète et qu’il doit vous regarder quand il parle et pas l’interprète.
Dites au sujet qu’il doit s’exprimer directement à vous sans utiliser les phrases telles que « dites lui que… » ou « je tiens à vous faire dire… ».
E- La constitution du rapport
L’interprète doit vous aider à préparer le dossier et le rapport suite à l’interrogatoire pour s’assurer qu’il n’y a pas de malentendus dans ce qu’a dit le sujet et que vous avez correctement évalué son état d’esprit psychologique. S’il doit y avoir par la suite d’autres interrogatoires avec le suspect, vous pourrez ainsi mieux ajuster votre technique et prendre un avantage psychologique sur lui.

VI- Conclusion :
Rappelez-vous que l’interprète peut faire la différence entre la réussite ou l’échec d’un interrogatoire. Si vous devez faire appel à un interprète, utilisez le à bon escient. Tenez compte de vos besoins, choisissez-le avec attention, entrainez-le bien et utilisez des techniques adaptées.

Si vous avez un interprète lors d’une situation « salle de classe » et qu’il y a deux instructeurs, n’oubliez pas que l’interprète devra travailler deux fois plus dur ; s’il y a trois instructeurs, trois fois plus dur.

Peu importe à quel point l’instructeur s’exprime mal, l’interprète rendra toujours son propos juste.
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L’intégralité du document (en anglais) se trouve ici :
Human Resource Exploitation – Training Manual

Merci à Pierre Guitteny (interprète français/LSF en Aquitaine) qui a exhumé ce manuel.