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Article du Parisien : « Bourg-la-Reine : les interprètes en langue des signes lancent la révolte »

Depuis une semaine et la grève déclenchée samedi 30 mai, avec mes collègues interprètes de l’Institut des Jeunes Sourds de Bourg-la-Reine (dont je suis salarié un jour par semaine) nous communiquons et utilisons les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, ce blog bien sur…) pour faire comprendre nos motivations et tenter de fédérer des soutiens notamment via une pétition en ligne ( http://ppfr.it/ilsengreve ).
Il faut croire que cette « agitation » est efficace car nous avons réussi à attirer la curiosité et l’attention d’une journaliste du Parisien, Pascale Autran. Elle a pris contact avec certains d’entre nous pour rédiger un article sur cet évènement.
Je vous mets en copie cet article et vous trouverez à la fin de ce billet le lien vers le site web du Parisien.
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Bourg-la-Reine : les interprètes en langue des signes
lancent la révolte

« C’est un métier mal connu, et surtout mal reconnu : les interprètes en langue des signes de l’Institut des jeunes sourds de Bourg-la-Reine lancent la révolte. Samedi, pendant la journée des parents, ils ont fait grève, du jamais vu dans cette institution vieille de 150 ans.

Fondé en 1861 par le père Bonhomme, l’Institut accueille 155 enfants sourds et malentendants, de la maternelle au bac, avec une école et un internat. Il est géré depuis 2011 par une association religieuse, Œuvres d’avenir. «C’est une belle histoire qui doit continuer dans de bonnes conditions», clame Stephan, l’un des interprètes en colère. En cause, le niveau de statut et de salaire d’une profession mal considérée, qui exige pourtant 5 ans d’études après le bac. «On nous paie au niveau d’un bac +2, proteste Stephan, le salaire d’embauche ici ne dépasse pas 1 300 €».

A l’Institut, les 9 interprètes traduisent les cours des professeurs, ils interviennent aussi lors des réunions de l’équipe professionnelle. «C’est un travail difficile, explique Théa, une autre interprète. Il ne suffit pas de connaître les signes, il faut traduire en simultané !» Le statut des interprètes est régi par une convention collective, la convention 66. «Elle nous place au même niveau que des animateurs de jardin d’enfant !» déplore Stephan, qui avec ses collègues réclame sa remise en cause. Une pétition a déjà recueilli plus de 250 signatures, et une lettre est partie ce mercredi pour réclamer un rendez-vous à l’ARS, l’Agence régionale de santé. Faute de réponse rapide, les protestataires menacent de nouvelles actions. Contactée, l’ARS n’a pas donné suite.

Du côté de la direction de l’Institut, on comprend les revendications : «La convention 66 qui nous régit ne permet pas de les payer au niveau de leurs compétences, pourtant reconnues, déplore-t-elle. Le risque, c’est que l’on vide nos établissements de gens compétents». Et de juger «complètement obsolète» un texte qui s’applique pourtant à la plupart des structures du même type.

Si l’étincelle est partie de Bourg-la-Reine, le mouvement de grogne pourrait donc bien s’étendre rapidement ailleurs en France, qui compte près de 450 interprètes en langue des signes. »

Retrouvez l’article sur le site du Parisien en cliquant ici

© Le Parisien – Pascale Autran

Communiqué des interprètes F/LSF suite à la journée de grève du 30 mai

L’équipe des interprètes de l’IJS de Bourg-la-Reine (dont je fais partie) a publié un communiqué pour faire le point après sa journée d’action du samedi 30 mai.

Le voici :

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Samedi 30 mai l’équipe des interprètes F/LSF de l’Institut des Jeunes Sourds de Bourg-la-Reine a décidé de se mettre en grève sur une journée institutionnelle de recueil des attentes (rencontres parents, enfants, professionnels). Ce mouvement a fédéré tous les interprètes salariés.

La Direction a été contrante d’annuler l’ensemble des rendez-vous pris sur cette journée, exceptés ceux qui étaient assurés durant deux heures dans la matinée par des interprètes extérieurs.

Une « pétition papier » a permis de recueillir ce même jour plus de 130 signatures (professionnels et parents).

L’Agence Régionale de la Santé (ARS) a été informée de notre mouvement de grève le vendredi précédent. Elle a pu prendre conscience de l’importance de notre rôle et surtout du préjudice comptable que ce mouvement allait engendrer. Elle a d’ailleurs demandé à notre direction un rapport chiffré sur les pertes financières conséquentes occasionnées par notre grève.

La direction de l’établissement (à ne pas confondre avec celle de l’association Œuvres d’Avenir qui chapeaute l’Institut) nous a reçu et nous a exprimé son soutien. Plusieurs de ses cadres ont signé notre pétition jugeant nos revendications légitimes.
Mais elle nous a également  rappelés qu’elle n’avait pas de pouvoir décisionnaire en matière budgétaire et que seule l’Association Œuvres d’Avenir en lien avec le financeur (l’ARS) pourrait donner une suite favorable à nos demandes.

A présent nous devons nous rapprocher d’un syndicat majoritaire pour les futures négociations avec les autorités tutélaires. Parallèlement nous demandons a être reçu par l’ARS 92 avant le 1er juillet.
Sans réponse favorable de leur part nous n’hésiterons pas à lancer d’autres appels à la grève.

Nous avons mis en ligne une pétition pour que chacun d’entre vous puisse soutenir notre mouvement. Un nombre élevé de signatures donnera encore plus de force à nos revendications salariales.
Par avance merci.

http://ppfr.it/ilsengreve 

L’équipe des interprètes de l’IJS de Bourg-la-Reine : 
Sylvia Babin
Stéphan Barrère
Aurore Batista
Ricardo de Barros
Anne Ginat
Amandine Monlouis
Théa Nougaro
Nathalie Quétel
Stéphanie Weis
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Grève des interprètes de l’IJS de Bourg-la-Reine

Les interprètes salariés de l’Institut des Jeunes Sourds de Bourg-la-Reine (dont je fais partie) se sont mis en grève samedi 30 mai.

C’est une première dans l’histoire de cet Institut et un évènement très rare pour notre profession.

Décider de ne pas traduire une journée durant laquelle les parents viennent rencontrer les équipes pédagogiques (journée nommée « Recueil des Attentes ») pour faire le bilan de l’année écoulée et envisager l’avenir pour leurs enfants ne se prend pas sur un coup de tête.

Depuis plusieurs mois, les interprètes F/LSF réclament auprès de la direction de l’association Œuvres d’Avenir, qui chapeaute l’Institut, une hausse de leurs rémunérations et une évolution de leur statut.
Comme dans la majorité de ces Instituts, les interprètes en langue des signes dépendent de la Convention 66 : lors d’un entretien d’embauche, il est demandé à l’interprète d’être titulaire d’un diplôme de niveau I – master 2 (bac + 5) d’interprétation en langue des signes (ce qui est logique). Pourtant sa rémunération continue d’être alignée sur des métiers de niveau III (bac + 2) soit moins de 1300€ net par mois pour un jeune diplômé.

Des courriers ont été rédigés, une réunion a eu lieu, différents organismes ont été interpellés (Agence Régionale de la Santé, Conseil régional…) mais à ce jour rien. Pas une proposition concrète, pas de calendrier sur des évolutions possibles, pas de chiffrages des possibilités financières de l’Association.
Rien sauf une vague promesse « d’essayer d’évoquer la question lors d’une future rencontre avec l’Agence Régionale de la Santé ».

Pourtant en Ile-de-France, les interprètes en langue des signes travaillant dans d’autres instituts ont pu renégocier depuis longtemps leur salaire et statut à la hausse. D’où cet appel à la grève, samedi 30 mai qui fut suivi à 100% par les interprètes salariés. Ils ont profité de leur présence dans l’établissement pour informer les autres professionnels (professeurs, corps médical, employés et cadres administratifs…) , les familles et les élèves sur les motifs de cette grève et de la légitimité de ce combat.

Ce n’est qu’une première étape et ce mouvement a d’abord permis de montrer à la direction la volonté de voir aboutir leurs revendications au plus vite et pour commencer, que ces exigences soient inscrites à l’ordre du jour de la prochaine réunion qui aura lieu entre Œuvres d’Avenir et l’Agence Régionale de la Santé (ARS) début Juillet.

Vous pouvez soutenir leur action en signant la pétition en ligne :

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